HOME IS LE BEURRE SALÉ

Nous avons voyagé beaucoup, nous avons pris des sandwichs dans tous les Relay de France, nous avons passé des heures, seules, aux petits dejs des hôtels, et nous en sommes venues à une conclusion, c’est que

Le beurre est une promesse.

S’il est doux, d’une vie décevante, plate, sans saveur. Le beurre doux c’est un jour férié qui tombe un dimanche, c’est tes amis qui te montrent leurs photos de vacances – toutes leurs photos de vacances, c’est le gouvernement qui lutte contre les féminicides… avec des flyers : On voit l’idée, mais on s’en fout. Peu de choses ont moins d’intérêt que le beurre doux. À part peut-être le discours du pot de départ à la retraite de Thierry… et encore… Le beurre doux est une trahison, quelque chose de difficile à pardonner, notamment à celles et ceux qui, à peine désolé.e.s, te disent : « Bah si ça ne te convient pas, rajoutes du sel, c’est pareil ! » Mais quel affront. Quel manque d’éducation.

Le beurre salé, lui…

Il promet le réconfort, la joie, le sentiment d’exister, ici et maintenant. Le beurre salé n’est jamais là par défaut, il n’est que le choix éclairé né d’une envie : profiter de la vie, ne se priver de rien, la preuve, on va y mettre notre grain de sel. Le beurre, c’est le goût de tous les plats de nos grand-mères qui en ajoutaient “une noisette” mais qui mettaient la plaquette, c’est les crêpes, les sandwiches au jambon… c’est celui, un peu noir, resté trop longtemps dans la poêle mais que l’on sauce, discretos, et que l’on savoure. C’est celui qui fait claquer la langue des bébés qui le découvrent. Celui qui rend tout meilleur. Thierry de la compta avec du beurre salé, par exemple… Bon c’est toujours non, mais au moins y’a le beurre salé.

Sans beurre salé au frigo, la maison est vide.

Le beurre salé, c’est la Bretagne à portée de supermarché.

Le beurre salé, c’est la maison de chaque breton en exil.

Texte Marine Baousson & Marina Bourdais / Photos Marina Bourdais

Revue Maison 02 – décembre 2023

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par Marion Denoual